Najib Chakchem, né en 1978, est un Peintre autodidacte originaire de Tozeur. La peinture est sa passion depuis sa plus tendre enfance. Il en a fait son métier à l’âge de 18 ans.
Najib nous revient avec une exposition superbe : une galerie métissée de portraits de femmes dans un style alliant un réalisme figuratif classique à une esthétique moderne des couleurs et des compositions. Son...
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Najib Chakchem, né en 1978, est un Peintre autodidacte originaire de Tozeur. La peinture est sa passion depuis sa plus tendre enfance. Il en a fait son métier à l’âge de 18 ans.
Najib nous revient avec une exposition superbe : une galerie métissée de portraits de femmes dans un style alliant un réalisme figuratif classique à une esthétique moderne des couleurs et des compositions. Son amour pour la Femme s’exprime ici au travers d’un regard plein de grâce et d’admiration.
Il sublime la Femme pour en faire une entité magique, un Ange d’aujourd’hui.
Najib fait partie des peintres les plus talentueux de cette nouvelle génération.
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Ce n'est pas le verbe, mais l'être que l'artiste conjugue au temps du désir - mot aux velléités verbales d'un troisième groupe surhumain, ou d'un improbable groupe ethnique. Inventant une langue lascive, Najib Chakchem aime à décliner ses femmes libres, dans leur carcan géométrique, à capter et captiver le regard amoureux. Libre est également l'artiste de s'enfermer ainsi dans des schèmes de la représentation humaine, parsemant des esquisses de nombres d'or en poussière... Les proportions n’échappent alors pas à la tentation de lignes et proportions classiques, qui s’inscrivent dans la modernité esthétique de celui qui les "commet". Sic transit femina mundi, dans un diaporama de la beauté essentielle, sous toutes les coutures d'un Jean-Paul Gaultier costumier de science-fiction. Puis le regard s'arrête sur des nébuleuses qui forcent la profondeur dans, et non pas autour de l'être. Dans la chevelure naît un univers comme dans la douleur sourde de l'observateur. Déterminants chromatiques définitoires qui réécrivent l'identité biométrique en ces temps incertains... Du moins jusqu'à ce qu'une Kahlo naisse de la coïncidence et de l'innocence d'un autodidacte qui hésite entre la création et l'autocréation – ou l'autoportrait? La lecture se heurte aux limites de l'inconscient…
Comment, alors, lire les formes autrement que dans l'apologie de la couleur? Et si elles n'étaient que prétexte à une fantasia d’ondes chatoyantes ? Dans le nombre s'écrit l'unicité de l'être – toujours conjugué – et la fréquence en ressort moins féminine que physique, au sens phénoménologique de la couleur. Et si elles toutes faisaient "lumière" à l’unisson? Cette exposition serait alors un prisme, et la peinture de Najib Chakchem un acte de fragmentation amoureuse. Du corps de la femme naît ainsi la couleur, un signe - sens et plaisir des sens - et une revanche sur une définition hiératique de l’origine puis de la place de la femme. La verticalité est désormais à dessiner au féminin de l'atemporel, celui des archétypes : Déesse Nourricière du Sanctuaire de Thinissut, Pietà ou Vierge à l'Enfant, qui, en redessinant la forme inversée du sexe, resitue l’origine du monde au centre de celui-ci… S’agit-il « simplement » d’une mère ou d’une nourrice – encore Frida Kahlo? L’être suprême au féminin donne la couleur qui jaillit de sa plastique, eucharistie chromatique et invitation au voyeurisme : regardez! Ceci est mon corps. A l'exception, probablement, de ce bras qui soutient un regard, ou, dans la suite du jeu de variation/ethnicisation, qui maintient une tête – inclinée/déclinée – de femme-girafe "modiglianesque". Les besoins dramatiques excusent quelques écarts morphologiques que l’artiste assume avec le sourire du joueur. La main tendue, issue de sa générosité, traduit la modestie paradoxale d'un autocréateur... et, au finale, sème le doute sur le chemin de l'hyperréalisme.
Ghazi Karmaoui
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Après avoir questionné l’énigmatique de La Joconde en de multiples figures, en de multiples originales approches, Najib Chakchem nous propose aujourd’hui une galerie de portraits de femmes d’une savante picturalité. Il faut dire que Najib Chakchem travaille à la peinture sans relâche et avec une certaine frénésie depuis l’âge de dix-huit ans. La plupart de ces portraits nous sont donnés à voir de manière frontale, dans un face-à-face auquel on ne saurait se dérober. Le regard est là qui nous interroge dans sa captivante étrangeté. Etrangeté dans le double sens du terme : étrange et étranger. Ces femmes semblent porter un futur et un espace pluriels. Chacune se distingue dans cette vaste famille ou fratrie d’anges ici créée. Qui donc ressemble à ces visages? Ou plutôt, qu’est-ce qu’un visage? Du reçu, du donné? Dès lors, nous occupons quelque peu la position de l’autre, de celui qui a la possibilité de nous regarder directement. Selon qu’il nous sourit ou non, que son sourire nous paraît sincère, qu’il refuse de nous regarder en face. Ce qui peut amener à une définition entièrement fondée sur ce que nous donnons à voir, et cette citation d’Apollinaire à propos de Van Dongen pourrait s’appliquer à Najib Chakchem : « Ce coloriste a le premier tiré de l’éclairage électrique un éclat aigu et l’a ajouté aux nuances ». Il en résulte une ivresse, un éblouissement, une vibration et la couleur conservant une individualité extraordinaire se pâme, s’exalte, plane, pâlit, s’évanouit sans que s’assombrisse jamais l’idée seule de l’ombre. En effet, toute l’originalité de cette peinture tient dans cette double facture qui lui est propre, le visage est travaillé avec la même finesse des peintres de La Renaissance bien connus de l’artiste, tandis que la parure est traitée selon de grandes plages de couleurs insinuant un véritable dialogue chromatique et géographique. L’habit est ici à prendre comme une identité singulière, ainsi que la chevelure, qui n’est pas simple chevelure, mais élément pictural à part entière. Certaines touches de couleurs chaudes y sont distribuées. Najib Chakchem joue du métissage doublement dans le choix des figures et à travers l’ensemble de l’espace pictural. Ainsi les costumes sont-ils des tableaux dans le tableau. Entités singulières qui donnent sens à cette communauté métissée. Chaque toile exprime un mélange de classicisme et d’audace presque futuriste, qui contribue à faire de cette galerie de portraits un ensemble original d’une belle cohérence.
Amel Zmerli